Il est facile de considérer la première partie de la carrière de Tindersticks comme une opportunité manquée. Il y a eu un bref moment, à l'époque de leur album éponyme de 1995 et de son successeur Curtains, où il semblait que les chansons richement orchestrées et émouvantes du groupe de Nottingham pourraient trouver un large public : les premiers ont brièvement atteint le Top 20, les seconds les ont propulsés à un accord avec un label majeur. Mais ils étaient condamnés à rester une entreprise culte acclamée par la critique, plus importante en Europe continentale que chez elle. C'était un groupe qui restait légèrement en décalage, trop crépusculaire et idiosyncratique pour une époque où le rock alternatif britannique avait tendance à exagérer les couleurs primaires et à chanter la commercialité, leur image trop déprimée et leur humeur trop déprimée, leur musique plus adaptée à la bande originale des films exigeants de la réalisatrice française Claire Denis que le résumé des buts du Match du jour.
Pourtant, on a le sentiment ...
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